Lexicoptique

L’essentiel

Le choix d’une optique (jumelles ou lunette) dépend tout d’abord du mode de chasse pratiqué (battue, affût, de jour, au crépuscule, avec déplacement important ou non) et ensuite du budget que l’on souhaite y consacrer sachant qu’au-delà de l’arme c’est sur ce poste que l’effort financier doit être le plus important.

Pour les jumelles

– Indice crépusculaire : racine carrée du grossissement x le diamètre de l’objectif. Privilégiez un indice élevé. Ex : 8 x 56 = 21,2 ; 7 x50 = 18,7 ; 10 x 40 = 20 ; 8 x 25 = 14,1

– Luminosité : exprimée par la pupille de sortie et calculée en divisant le diamètre de l’objectif par le grossissement. Ex : 8×56 =7. Sachant qu’à partir de 40 ans, la pupille humaine ne s’ouvre plus que de 4, inutile d’avoir des lunettes supérieures à cet indice. EX : 8 x 25 = 3,12 ; 10 x 40 = 4 ; 12 x 50 = 4,16 ; 8 x 56 = 7 ; 7 x 50 : 7,14

 Pour la lunette

– Réglage à 8 cm de l’œil

– Grossissement : battue 2, approche en forêt 4, affût en forêt 6, montagne 8 à 10. Ces valeurs sont intermédiaires et une 1,5 – 6 X 42 pare à quasi toutes les situations.

– Pour les chasses à longue distance et faible luminosité privilégiés un diamètre d’objectif de 50 ou 56 afin de bénéficier de la meilleure luminosité.

– Un grossissement supérieur à 10 entraîne un fort tremblement et une réduction du champ de vision.

Pour aller plus loin

Aberrations optiques

6 types d’aberrations sont recensées : les 5 aberrations de Seidel (sphérique, astigmatique, courbure du champ, coma, distorsion) et l’aberration chromatique. Elles provoquent une distorsion et une baisse de qualité de l’image. Elles résultent du niveau de soin apporté à la fabrication des différents constituants du système d’optique et ont donc un impact direct sur le prix.

Champ de vision ou Largeur de champ

Le champ de vision désigne la portion d’horizon observée au travers du système d’optique. Il est circulaire, comme l’objectif, et peut s’exprimer de 2 façons

– en largeur de vision, en mètres, à distance de 1000 mètres pour les jumelles et à 100 m pour les lunettes de tir.

– en degré (1° = + ou – 17,45m)

Par exemple : 109m à 1000m ou 6,24°

Le champ de vision varie inversement avec le grossissement (plus le grossissement augmente, plus le champ rétrécit) et varie dans le même sens que la luminosité (plus le champ de vision s’agrandit, meilleure est la luminosité).

Compensateur de trajectoire

Certains modèles de lunettes en sont dotés (ASV chez Zeiss par exemple). La trajectoire d’une balle n’est pas rectiligne mais chute régulièrement dès la sortie du canon. Les croquis de trajectoire, représentés avec une ligne de visée d’optique qu’elle croise à 2 reprises, montrent que lors d’un réglage à la DRO (distance de réglage optimal) la balle franchit la ligne de trajectoire avec un réglage de + 4cm à 100. Un réglage à 100m fait donc croiser la trajectoire de la balle avec la visée d’optique.  A une distance différente, le tireur doit corriger son tir en fonction des caractéristiques de sa munition liées au poids et la vitesse de la balle. Chaque calibre et munition a donc une courbe différente. Un compensateur de trajectoire permet donc de compenser automatiquement la chute de trajectoire de la balle selon la distance du tir.  

Couche AP

La couche de la pupille de sortie désigne l’intervalle entre la pupille de sortie (AP) et la dernière lentille d’oculaire. La pupille de l’œil de l’observateur doit être placée exactement à cet endroit afin de pouvoir visualiser entièrement le champ de vision. Si l’œil est éloigné ou trop près de l’oculaire, il en découlera des obscurcissements au niveau des bords.

Dégagement oculaire

Le dégagement oculaire est la distance des yeux à laquelle les jumelles peuvent être tenues tout en conservant la largeur de champ total. Le dégagement oculaire long ou étendu réduit la fatigue oculaire et est idéal pour le porteur de lunettes.

Grossissement (puissance)

Les jumelles sont souvent désignées par 2 nombres séparés par un « x ». Le premier nombre est la puissance ou le grossissement des jumelles. Ainsi, avec des jumelles 8×32, l’objet observé semble 8 fois plus proche qu’à l’œil nu. 8 fois plus proche ne signifie pas 8 fois plus gros. Comme l’animal est vu en deux dimensions il est perçu réellement 8×8 =64 fois plus gros.

Indice crépusculaire

Il indique la performance d’un système d’optique au crépuscule. Il se calcule en racine carrée du grossissement multiplié par le diamètre d’objectif.

Exemple : 8×50 = 400. La racine carrée de 400 est 20. Donc les jumelles 8×50 ont un indice crépusculaire de 20.

C’est ainsi que des 6×30 ont un indice crépusculaire de 13,4 alors que les 10×50 ont un indice de 22,5.

Attention : l’indice crépusculaire n’est qu’un point de repère et n’a rien à voir avec le coefficient crépusculaire des jumelles. Celui-ci se caractérise par une transmission élevée dans le domaine spectral adapté, un pourcentage de lumière parasite peu élevé, un contraste et une résolution élevés.

Luminosité

Critère primordial pour le chasseur qui recherche un maximum de luminosité et un minimum de poids.

Un monoculaire offre 15% de luminosité en moins qu’un binoculaire.

La luminosité d’une paire de jumelles est liée à son grossissement et au diamètre de son objectif. Plus le diamètre est grand et le grossissement faible, plus la luminosité est importante.

D’autres facteurs interviennent bien sûr, la qualité des verres, qui dépend de la qualité du constructeur et du niveau de gamme. La lumière transmise peut ainsi varier de 50% entre jumelles bas de gamme et haut de gamme. La pupille de sortie (soit le diamètre de l’objectif en millimètres divisé par le grossissement) est un élément essentiel : elle rend compte du diamètre effectivement mis à disposition par la combinaison oculaire-objectif. Pour en juger la qualité, il faut s’assurer qu’elle est de forme parfaitement circulaire.

La luminosité dépend donc d’un ensemble de facteurs : observation binoculaire, taille de l’objectif, grossissement, qualité des lentilles et des prismes, pupille de sortie et indice crépusculaire.

Œil, pupille de sortie et intensité lumineuse sont toujours étroitement liés. A la lumière du jour, la pupille de l’œil s’ouvre de 2 à 3 mm ; au crépuscule, elle s’agrandit, selon l’âge, jusqu’à 7 mm. A remarquer que la pupille de sortie des jumelles n’est jamais inférieure à 2 mm et qu’une pupille de sortie supérieure à 7 mm (luminosité 49) ne peut être utilisée par un œil humain normal.

Optiques traitées

Le traitement de la surface des lentilles permet de réduire la dispersion de la lumière et l’éblouissement dû aux reflets ; il fournit ainsi une image plus lumineuse avec un plus grand contraste, tout en réduisant la fatigue oculaire.

Parallaxe

La parallaxe désigne l’image d’une cible qui n’est pas précisément centrée sur le plan du réticule. Elle se traduit visuellement par un déplacement apparent de l’objet visé par rapport au réticule lorsque l’observateur déplace la tête ou, dans des cas extrêmes, par une image floue. Cette notion est surtout à retenir pour les points rouges et les viseurs holographiques.

Pupille de sortie (AP)

La pupille de sortie désigne la dimension du disque lumineux d’une paire de jumelles (visible dans l’oculaire sous forme de petit disque clair). Elle est importante pour la vision à l’aube et au crépuscule. C’est de sa dimension que dépend la luminosité de l’image. Plus la pupille est grande, plus l’image est lumineuse. On obtient sa dimension en divisant le diamètre de l’objectif par le grossissement. Des jumelles 8×56 ont une pupille de sortie de 7 mm, ce qui correspond à l’ouverture maximale de la pupille de l’œil humain. La pupille de l’œil humain évolue au fil des âges. C’est ainsi qu’au-delà de 40 ans votre choix doit se porter sur des jumelles dont la pupille de sortie est de 4 au maximum, à défaut vous percevrez un cercle noir en périphérie du champ optique circulaire et il n’est pas très agréable de faire tourner l’œil pour profiter de l’ensemble du champ visuel offert.

Réglage dioptrique

La plupart des jumelles comportent un oculaire réglable pour compenser les différences de vision entre œil gauche et œil droit.

Système à prismes de Porro

Dans les jumelles à prismes de Porro, l’objectif (ou lentille avant) est décalé par rapport à l’oculaire. Ces jumelles procurent une meilleurs perception du relief et généralement un plus grande profondeur de champ.

Système à prismes en toit

Dans ce type de jumelles, les prismes se chevauchent étroitement, ce qui permet aux objectifs de s’aligner directement sur les oculaires. La forme de l’instrument est fine et profilée ; les lentilles et les prismes qui grossissent et redressent l’image sont en ligne droite. Les jumelles à prismes en toit sont moins encombrantes et plus solides que les modèles de Porro équivalents.

Type de traitements des optiques

– traitées : une seule couche sur au moins une lentille

– traitées toutes surfaces : une seule couche sur toutes les surfaces en contact avec l’air

– traitées multicouches : couches multiples sur au moins une lentille

– traitées multicouches toutes surfaces : couches multiples sur toutes les surfaces en contact avec l’air.

Verre des prismes

La plupart des prismes optiques sont en verre borosilicaté ou au Baryum en plateau. Le verre BaK-4 est celui de la plus haute qualité qui fournit des images lumineuses d’une très grande netteté de contour.

Choisissez vos jumelles

Type de jumelles

Domaines d’utilisation

Objectif (mm)

 

20-25

Jumelles de poche

Jumelles extrêmement légères et pliantes, de forme très compacte pour l’utilisation en plein jour. Le compagnon idéal pour les randonnées, visites guidées, manifestations sportives, concerts, opéra.

30-35

Jumelles compactes et légères pour l’observation de la nature ou la chasse (en particulier en haute montagne)

Par rapport à des jumelles standard avec un diamètre d’objectif de 40/42 mm, ce modèle pèse jusqu’à 300 grammes de moins. Pour tous ceux pour qui le poids et la compacité comptent davantage que l’indice crépusculaire.

40-45

Jumelles universelles polyvalentes

Encore suffisamment légères pour pouvoir être portées sans fatigue sur de grandes distances. Grâce au diamètre de l’objectif plus élevé, elles peuvent être utilisées à l’aube et au crépuscule.

>50

Idéales pour l’utilisation lors de mauvaises conditions de luminosité

Idéales pour la chasse à l’affût et l’observation de nuit. Grandes jumelles lourdes qui, par conséquent, ne sont pas vraiment adaptées pour de longues marches.

65/85

Longues-vues

Appareils conçus pour l’observation à grandes distances avec des grossissements élevés. Idéales avec un trépied et un adaptateur pour appareil – photo pour une observation au calme sans tremblements et une prise de photos confortable.

 

Comment bien vous servir de vos jumelles

1-      Dévissez complètement la molette de réglage centrale.

2-      Tournez l’oculaire droit à fond vers le +

3-      Fermez maintenant l’œil droit et regardez de l’œil gauche à travers l’oculaire gauche un objet placé à une distance d’environ 100m. Tournez alors lentement la molette de réglage central vers le – jusqu’à ce que l’image deviennent parfaitement nette. (pour le réglage individuel des oculaires, réglez l’oculaire gauche).

4-      Fermez à présent l’œil gauche et regardez de l’œil droit à travers l’oculaire droit. Tournez ensuite l’oculaire droit vers le – jusqu’à ce que, là aussi, l’image deviennent nette. Enregistrez ce réglage. En cas de crépuscule obscur, il est conseillé d’ajouter à cette valeur 1 dioptrie vers le –

5-      Repliez enfin les 2 éléments des jumelles jusqu’à ce que les 2 oculaires correspondent exactement à l’intervalle entre vos 2 yeux et que vous ne voyez plus qu’une seule image ronde et nette.

Soin et entretien de vos jumelles

Chaque instrument d’optique demande un minimum de soin et d’entretien. Cela se reflète sur son aspect extérieur mais aussi sur sa performance au fil des années.

Les traces de doigts sont le plus grand ennemi des lentilles d’optiques. A la longue, la sécrétion des glandes sébacées – très grasse – risque de les détériorer. Otez donc régulièrement les marques en embuant les lentilles et en les nettoyant à l’aide d’un chiffon de lin ou d’une peau de chamois douce et propre. Un peu d’alcool est également conseillé.

Pour les grains de sable et petits résidus, n’utilisez jamais de chiffon, vous risqueriez de rayer les lentilles. Soufflez tout simplement dessus ou utilisez un fin pinceau.

Essuyez tout de suite les gouttes de pluie et la buée.

Ne pas conservez de façon continue et automatique les jumelles dans leur étui.

En cas de variations brutales de température, il se peut que vos jumelles s’embuent légèrement. Attendez quelques minutes jusqu’à ce qu’elles s’adaptent à la température ambiante, la buée disparaît alors d’elle-même.

Dans les régions tropicales, ne conservez pas vos jumelles trop longtemps dans leur étui ; au contraire, posez les dans un endroit sec ou bien aérez-les souvent.

Lunette de tir

1- Comment choisir

Le choix d’une lunette de tir est fonction de vos besoins et de vos modes et conditions de chasse. Pour un budget global, la priorité doit être donnée à l’optique.

2- Mécanique

Les organes internes d’une lunette de tir ont un impact direct sur la précision du tir. Pendant que les réglages sont effectués lors de la pose de la lunette, le tube, qui maintient le réticule et les lentilles en place, bouge dans la lunette. Pour rester sur la cible et produire une image de qualité, ce tube doit être suffisamment résistant pour absorber l’impact de tirs à reculs très violents et rester en place. Lors du choix de votre lunette de tir, veillez aux réglages (positifs) de la précision, de la consistance du point d’impact, de la résistance du réticule, de la durabilité de son étanchéité à l’eau et à la buée ainsi qu’à sa résistance aux chocs. Il faudra également tenir compte du poids, de l’encombrement et de l’ergonomie qui sont primordiaux lors de longues journées sur le terrain.

3- Qualité d’image

Pour une image de qualité optimale, il est impératif que le système d’optique d’une lunette de tir restitue un maximum de lumière dans l’œil du tireur. Plus les images sont lumineuses, plus la résolution sera précise et meilleur sera le tir. La qualité du verre, la conception de la lentille et les traitements optiques contribuent tous à la capacité d’une lunette de tir à gérer efficacement la lumière. Lors du choix de votre lunette, tenez compte du grossissement, du diamètre de l’objectif, de la pupille de sortie, de la résolution, du champ de vision et du dégagement oculaire.